LA NUIT SOMMEILLE MAIS NE DORT PAS

Unie.s.x pour réveiller la culture nocturne genevoise! Sous le joug du Covid 19, les membres du Grand Conseil de la Nuit s’unissent à nouveau, afin de survivre à cette crise : vous offrir une belle ré-ouverture progressive afin de retrouver notre solidarité sociale dans le respect des distances physiques. Parce que le jour ne nous a jamais suffi, nous travaillons ensemble sur un projet commun concret pour assurer une ré-ouverture de nos activités culturelles festives, dans le respect de tou.te.s.

#reveillonslanuit

Association du Grand Conseil de la Nuit : ARVe, Audio, Café de la Ferblanterie, Café La Petite Reine, Catalyse, Central Station, Le Chat Noir, Fédération des artistes de Kugler, La Gravière, HeadFun, Jaydo’s productions, La Jonquille, Le Kraken, MJC Annemasse et Littlehouse Records, Motel Campo, Nuit Blanche, PTR, Qafé La Guidoline, Undertown, L’Usine (Cinéma Spoutnik, Crache Papier, Espace Forde, La Makhno, Ladiff, Reklam, Le Rez, Théâtre de l’Usine, Urgence Disk, Le Zoo)
et ses sympathisant.e.s.x

Communiqué de Presse, 15.06.20

Le Grand Conseil de la Nuit et ses membres continuent à travailler pour une réouverture prochaine dans les meilleures conditions sanitaires. Nous sommes heureu.se.x.s de constater que beaucoup d’acteur.rice.x.s de la culture nocturne se mobilisent afin de trouver des solutions pour pouvoir accueillir le public et redonner aux artistes la place qu’il.elle.x.s méritent. Malheureusement, nous demeurons dans l’incapacité d’annoncer une réouverture. En effet, le sentiment d’avoir été négligé.e.x.s par notre gouvernement lors de l’annonce de l’assouplissement des mesures le 27 mai dernier est bien présent.

Nous nous interrogeons sur les décisions du Conseil Fédéral qui semblent de toute évidence inadaptées à notre secteur alors que tou.te.x.s les acteur.rice.x.s culturel.le.x.s sont sérieusement affecté.e.x.s par la crise. Pour rappel, la fermeture des clubs et des bars membres du Grand Conseil de la Nuit a eu pour conséquence pour le moment une perte de chiffre d’affaires de plus de 3 millions de francs, nécessaires entre autres à la rémunération de plus de 400 acteur.rice.x.s culturel.le.x.s nocturnes qui font les événements de nos membres. Loin de constituer une solution viable pour ces derniers, les dispositions prises par le Conseil Fédéral, telles qu’annoncées, sont lourdes de conséquences pour les établissements nocturnes, non seulement d’un point de vue économique, mais également artistique.

Nous pensons notamment qu’il est important de prendre en considération le temps et la force de travail que nécessite l’organisation d’un événement culturel, de sa conception jusqu’à sa réalisation. De part en part, un seul projet mobilise des équipes sur plusieurs mois. Comment alors imaginer une reprise viable pour les organisateur.rice.x.s en offrant une programmation de qualité à leurs publics. Constituer une programmation en 10 jours relève de la prouesse technique et ce d’autant plus lorsque les frontières sont fermées, les personnes à risque isolées, les informations officielles incomplètes voire contradictoires ou fluctuantes d’un jour à l’autre. Si nous sommes conscient.e.x.s de la difficulté pour les organes gouvernementaux de protéger la population efficacement sans ébranler dans le même temps l’économie, nous ne comprenons pas néanmoins la différence de traitement entre, par exemple, les établissements culturels et les grands centres commerciaux.

Nous nous étonnons également des horaires d’ouverture pour les clubs et salles de concert annoncés par le Conseil Fédéral sous prétexte de prévenir des comportements irresponsables ; nos publics sont exposés aux mêmes risques, peu importe l’heure. Notons que la consommation excessive d’alcool ou d’autres substances n’est malheureusement pas cantonnée à la nuit. Nos clubs membres se sont toujours montrés responsables face à la gestion de leur public et ont toujours fourni un large effort de prévention. Ces derniers sont motivés et se préparent depuis le début à ce nouveau contexte créé par la pandémie de Covid-19 ; ils souhaitent accompagner leurs publics dans la prise de nouvelles habitudes sanitaires et non pas les mettre en situation dangereuse. Une fermeture à minuit pourrait non seulement engendrer des débordements sur l’espace public, mais aussi donner lieu à des rassemblements sauvages qui ne seraient dès lors plus contrôlables par un personnel.

Relevons, en outre, que l’activité de nos clubs membres se concentre principalement dans le créneau horaire minuit – 6h. Cette fermeture anticipée ne leur permet donc pas de poursuivre leurs activités sereinement et les place de fait en concurrence déloyale avec les bars qui éprouvent, eux aussi, de grandes difficultés à trouver une rentabilité dans les conditions actuelles.

Evidemment, la question de la rentabilité des événements est aussi à prendre en considération. Les clubs membres du Grand Conseil de la Nuit ont des jauges élevées et leur seuil de rentabilité est souvent à plus de 50% de remplissage. Le fait de pouvoir accueillir 300 personnes par événement place dès lors la plupart de nos membres dans l’impossibilité d’ouvrir.

A la lecture du plan de protection de notre branche, nous pouvons spontanément répondre que la première variante proposée est inapplicable du fait de la perte considérable d’espace. Pour exemple, une salle ayant habituellement une capacité de 750 places se verrait contrainte d’accueillir seulement 60 personnes. Quant à la seconde variante, nous nous imaginons difficilement contraindre le public à porter un masque pendant plusieurs heures dans un espace clos pour des raisons évidentes d’organisation. Aussi, nous nous étonnons de la variante 3 pour laquelle la Confédération exige une récolte des noms et coordonnées des participant.e.x.s. Cette mesure va d’une part à l’encontre de la manière dont nous menons nos activités jusqu’à leurs fondements et, d’autre part, nous oblige à mobiliser du personnel dédié afin d’effectuer cette tâche supplémentaire. Nous augmenterions ainsi nos charges et par extension nos pertes. Malgré le fait que les conditions proposées soient inacceptables, certains lieux vont se voir contraint à une ouverture à perte pour essayer de sauver leurs structures et les emplois qui y sont liés.

Ces propositions, nous le regrettons, sont autant d’obstacles à une reprise imminente des activités pour la plupart de nos membres. Et le Grand Conseil de la Nuit se demande comment le gouvernement envisage une réouverture de nos lieux en assumant le salaire des employé.e.x.s assimilables à un l’employeur.se.x, payant les charges fixes, rémunérant les artiste.x.s et collaborateur.rice.x.s nécessaires à l’accueil du public, à la prévention et au déroulement de l’événement dans de telles conditions.

L’association envisage plusieurs options :

  • que les aides pour notre secteur soient maintenues le temps nécessaire afin de garantir la survie et la pérennité des activités culturelles nocturnes.

ou

  • que les mesures soient réévaluées de manière à ce que la réouverture des clubs puisse se faire de manière économiquement viable, à savoir :
  • Des horaires nocturnes habituels (pas de fermeture à minuit).
  • Autoriser la limitation des 300 personnes simultanément dans un lieu et non 300 personnes par jour, pour augmenter la possibilité de rentabilité des événements.

En conclusion, nos membres sont impatient.e.x.s de voir la situation évoluer, et d’avoir une réelle possibilité de reprendre leurs activités dans des conditions acceptables et sans danger pour la population. Enfin, nous attendons avec espoir de pouvoir nous projeter sur les mois qui suivent et qui seront, nous le rappelons, décisifs pour l’avenir de la culture nocturne genevoise. Comme indiqué dans notre précédent communiqué de presse du 6 mai, les membres du Grand Conseil de la Nuit restent ouvert.e.x.s à la discussion et croient fermement qu’il est nécessaire de les consulter directement afin de gérer au mieux cette situation exceptionnelle.

Le Comité du Grand Conseil de la Nuit et ses membres

Communiqué de presse / Covid 19, mai 2020

Situation de la vie culturelle nocturne genevoise et perspectives.

En ces temps difficiles, les membres du Grand Conseil de la Nuit s’unissent afin de survivre ensemble à cette crise, et pouvoir vous offrir une belle réouverture dans le respect des recommandations sanitaires.

Les représentant.e.x.s locaux du secteur sont conscient.e.x.s que leurs activités sont un vrai risque sanitaire dans l’immédiat. Aller voir un spectacle, un concert, écouter un DJ dans un club ou dans un bar implique intrinsèquement un contact physique et un rassemblement.

Tout d’abord, nos membres remercient le Conseil d’Etat et le Conseil Fédéral pour les mesures prises jusqu’ici. Malheureusement, certains lieux et acteur.e.x.s sont toujours dans une situation précaire. Nous soutenons notre Conseiller d’Etat M. Thierry Apothéloz pour son travail avec l’Office Fédéral de la Culture afin d’améliorer ces aides ainsi que tous les acteur.rice.x.s du secteur qui travaillent dur à représenter nos membres au niveau national.

La mise en place des aides pour le secteur culturel a été tardive. De plus, la définition d’entreprise culturelle reste floue au niveau fédéral et nous souhaitons que les cantons harmonisent leurs pratiques en la matière. Les aides fédérales excluent aujourd’hui les discothèques, dancings et boîtes de nuit à but lucratif. En effet, cette exclusion n’est pas correcte si l’on connaît le paysage de la culture nocturne suisse actuel. Heureusement, à Genève, notre gouvernement a décidé d’inclure les clubs qui produisent des concerts, lives DJs et autres performances artistiques. Nous nous réjouissons de cette nouvelle. Toutes nos structures membres, à but lucratif et non-lucratif ont une programmation musicale pointue, souvent pluridisciplinaire, établissent de réels collaborations entre acteur.ice.s.x, partagent leurs valeurs éthiques et responsables, mettent en avant les artistes loca.les.ux, offrent des résidences et lieux de créations en plus de la diffusion, accueil de lives et vernissages.

Pour pouvoir vraiment aider tous les lieux (bars, clubs, écoles), nous souhaitons que les critères soient plus simples et vérifiables. Nous défendons aujourd’hui les critères suivants en soutien à la SBCK (Schweizer Bar und Club Kommission) :

Les structures sont considérées comme entreprise culturelle si elles sont affiliées à la SUISA avec les tarifs suivants :  GT-H, GT-Hb, GT K. Conditions qui ont été acceptées dans le canton de Zurich, d’autres cantons semblent prendre la même direction.

L’élargissement de l’éligibilité aux aides culturelles et leurs durées seront indispensables pour la pérennité d’une partie indispensable du paysage de la culture nocturne locale et nationale.

Allons ensemble de l’avant !

Nous attendons avec impatience l’évolution de la phase 2 de déconfinement. Si tout se passe bien et que la courbe de propagation continue à descendre, l’idéal serait de repenser les différentes activités et de travailler main dans la main avec les autorités pour permettre une reprise des activités culturelles de manière progressive, pour à la fois proposer une offre adaptée à nos publics en respectant la sécurité sanitaire de tou.te.s.x.

L’idée, par exemple, serait de permettre une reprise de petits événements extérieurs dès que la situation sanitaire le permettra et dans le respect de l’hygiène et de la distanciation sociale, avec une jauge très limitée, port de masques et outils de traçabilité des participant.e.s.x (par exemple : liste de présence) et mise en place de prévention pour le public afin de réapprendre à vivre, s’exprimer, partager tout en minimisant la propagation du virus.

Une partie de nos membres vont pouvoir rouvrir le 11 mai et nous nous en réjouissons et travaillons avec eux pour les aider à rouvrir dans ce contexte. Pour ce qui est des clubs, notre association travaille sur des projets communs à réaliser dès que l’ouverture sera possible. Nous souhaitons avant tout que notre public, nos membre.x.s, collabotateur.rice.x.s, artiste.x.s restent en bonne santé et puissent recommencer à vivre et partager dans les meilleures conditions.

Les principales missions du Grand Conseil de la Nuit étant :

  • Comprendre les problématiques liées à la vie nocturne et les communiquer.
  • Promouvoir l’image de la vie nocturne en valorisant les dimensions sociales, culturelles et économiques auprès des médias, des politiques et des administrations, et de la population.
  • S’affirmer comme un interlocuteur essentiel et représentatif de l’ensemble des professions et modes de fonctionnement exercés dans les lieux et les espaces nocturnes.

L’Association se tient à disposition pour être consultée par le gouvernement sur la reprise de l’activité de nos membres afin de pouvoir intégrer nos réalités et projections dans le futur à la vision politique du secteur culturel genevois.

Le Comité du Grand Conseil de la Nuit et ses membres

Contact : zabou@grandconseildelanuit.ch

Membres : ARVe, Audio, Café de la Ferblanterie, Café la Petite Reine, Central Station, Le Chat Noir(ASMV), Fédération des artistes de Kugler, La Gravière, HeadFun, Jaydo’s Production, La Jonquille, Le Kraken, MJC Annemasse, Little House Records, Motel Campo, PTR, Nuit Blanche, Qafé Guidoline, L’Usine (faîtière dont Le Zoo, Le Rez, Urgence Disk, etc..) et ses sympathisant.e.s.x